vendredi 11 avril 2008
Decouvre autre chose
samedi 29 mars 2008
Chiant
"C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde."
Boris Vian
Les fourmis
On peut écrire de belles phrases. Sur la vie. Sur ses sens.
On peur narcisser à mort en donnant son opinion sur ce qu’ont pu dire les autres. Les grands qui soutiennent l’étagère. Ou les petits qui percent le sac poubelle. (oui jeter les livres, c’est mal)
C’est si facile de se donner des airs de diva littéraire. Les mots je ne les cherche pas, ils me trouvent.
Mais parfois ça me tape un peu sur le système.
Parce que se retrouver coincée dans un style c’est bien là le piège a con.
Alors forcément ça pousse à se réinventer sans cesse.
Certains en disant adieux. Souvent.
D’autres en disant merde, connard, pétasse.
Ou simplement en changeant de blog…Genre il passe du noir au blanc.( A quand le rose ?)
Voir en squattant les commentaires d’un article chez un autre.
Exploiter ce qu’il y a de mieux ou de pire dans ce système là.
Puis bien sûr y a toujours moyen de biaiser en mettant des photos (si si c’est moi qui les ai faites) voir des dessins (si si vous y aurez le droit un jour, faut juste que j’arrête de les donner) ou même mieux en mettant des extraits de dessins et de textes des autres (détournement de manga).
Quand je me lis, je me trouve terriblement chiante. Limite donneuse de leçon en douce. Souvent je le vois à la teneur vos commentaires.
Il y aurait bien sûr la possibilité de récidiver sur l’analyse en m’étalant sur mes peines comme là.
Mais j’ai dépassé ce stade et je n’ai plus l’envie de me mettre à nue. Pas comme ça.
Lorsque je me vois dans la vie de tous les jours à me clownétiser à outrance, je me dis que vraiment c’est étrange de ne pas parvenir à mettre une note d’humour sur mes blogs.
Même mes récits ne sont pas aussi indigestes lorsque je me projette dans la narration d’histoires abracadabrante.
J’en arrive qu’a une seule et unique conclusion.
Les cours de catéchismes reçus dans l’enfance ont des effets secondaires.
lundi 24 mars 2008
Désabusé
L'avenir est à ceux qui ne sont pas désabusés.
Georges Sorel
Et franchement on n’a pas idée à quel point ça m’agace ce refrain là.
Celui du grand désabusé qui sait qu’il n’a plus rien à attendre de l’existence.
J’aurai un flingue, je le ferai taire parce que vraiment ça me fatigue, ça me pompe l’oxygène, ça me meurtri de cris de frustration.
Le sang au bout des doigts.
Cette mauvaise foi qui flambe les mots.
Parce que ceux qui sont convaincus que la vie est si pourrie et que vraiment à part essayer de la leur mettre bien profond, elle ne fera jamais rien d’autre pour leur pomme…Ceux là ne continuent pas. Pourquoi le feraient-ils ?
Les autres mentent. Dans le fond ils espèrent toujours mais ils refusent de se l’avouer car s’ils se trompaient ils ne s’en relèveraient pas. Alors ils me racontent l’histoire de leur vie. Comme ils l’imaginent. Pas comme ils la rêvent car à les entendre, ils n’en ont pas.
J’ai connu une femme qu’on avait violée. Deux fois.
Humiliée. Plus d’une.
Une femme qui a acheté l’amour de sa vie.
Une femme dont les enfants se sont détournés.
Elle est devenue folle. En très peu de temps.
C’était étrange à voir. Un an plus tard, elle est morte.
Je ne sais pas où sont ses cendres. Alors je la porte en moi.
Cette femme là savait rire. Elle savait vivre et aimer.
Quand le pire est derrière soi, on ne peut que gagner le meilleur.
Je suis sûr qu’elle avait peur. Tout le temps.
Mais tout me semble encore possible quand je repense aux ruines dans lesquelles elle vivait.
Je ne suis pas plus forte que les autres.
Je ne supporte pas qu’on se l’imagine.
Juste que j’ai un instinct de survie plus fort que tout.
vendredi 21 mars 2008
Blogueurs & blogueuses
Plus le temps passe et moins j’y arrive.
L’écriture me vient toujours. Elle a toujours été d’une grande facilité pour moi, je ne peux pas le nier.
Peut être que je ne peux plus parce que c’est une part de mon boulot.
Peut être parce que j’en ai trop lu en deux ans.
Mais je ne parviens plus à lire les blogs. Parfois au travail j’en survole pour tromper l’ennui.
Je vais toujours chez Monsieur Boro dans le besoin de m’attarder dans son univers bien plus que dans les mots, car je ne suis pas assez maligne pour comprendre toutes les choses qu’il explique pourtant si bien.
Les blogs de mes amours proches aussi.
Un ou deux de la colonne de droite qui me font rire. Sourire au moins.
Mais les autres me semblent si froid.
Je m’y sens étrangère, non attendue, non désirée.
Un peu comme ces fêtes d’anniversaire où assise sur une chaise je regardais les autres s’amuser. Parfois un enfant s’arrêtait, il me demandait « Tu ne viens pas jouer ? ». Je faisais « non » de la tête, il haussait les épaules et repartait.
Je ne pouvais pas y aller. Peut être que j’aurai réussi à m’amuser une fois prise dans la ronde…Mais quand on a sorti la tête du truc, ça nous semble impossible d’y replonger.
Parfois je repense à toutes ces lettres que je t’ai envoyé. Je me suis arrêtée à une quarantaine il me semble.
Je ne pouvais pas plus.
Pas par manque d’envie.
Pas par manque d’idée.
Plus probablement par orgueil.
C’est une maladie dont je souffre. Quand je passe sur ton blog, je croque un ou deux mots, je ne m’attarde jamais sur une note complète, je ne la médite plus comme avant. Je ne veux pas comprendre.
Quand tu passes sur mes blogs je me demande pourquoi. Je me dis que tu dois vraiment t’ennuyer pour en arriver là. Parce que ma voie me semble si lointaine de la tienne.
Quand on m’a parlé de toi de vive voix, j’étais contente de ne pas te savoir si éthéré. Mais la chaire est douloureuse et ça je ne te l’ai jamais souhaité. Tu avais un prénom et c'était étrange.
Parfois je lis ceux qui parlent de toi. Un peu moins qu’avant c’est vrai. Toujours des femmes et ça me fait sourire ce que tu souffles sur leurs esprits. Le sexe et le souffre.
Et je me dis que vraiment c’est dommage que tu ne puisses pas faire des bulles de savon assis sur un banc devant la Seine, près de moi. Je pense que cela aurait été bien pour toi. Différent en tout cas.
Puis je comprends que c’est probablement de l’orgueil de ma part aussi que d'imaginer ça.
Alors je pense aux autres. A chari qui disparait lentement mais sûrement. A Anna qui a complètement disparu. Je sais que j’aurai pas dû m’y attacher c’était bête. Sur le web il y a des étoiles mais elles sont toutes filantes.
Il y a aussi ces blogs que je ne lisais pas forcément avant. Juste que ceux qui sont derrière m’avait plu lors d’une rencontre. Alors j’y passe c’est vrai, je veille à discerner derrière un post it s’ils vont bien. Je ne sais pas trop pourquoi m’en inquiéter. Juste qu’ils avaient des beaux yeux. Un reflet d’âme qui m’avait un peu dégelé au détour d’un verre de Jurançon.
Mais le temps défait cela. Les mots restent mais se vident.
Assise devant mon écran, je réfléchis à ce manque d’envie.
Je me dis qu’en quittant la région parisienne, je laisse plus que mon enfance, mon boulot, mon amour.
Je quitte aussi un univers RSS où je me sens de plus en plus étrangère. Intime comme disait l’autre.
mercredi 19 mars 2008
I-Mails
Il y a des gens qui voyagent dans votre boite.
Le temps de quelques mails.
Et qui s’en vont.
Il y a très peu de gens à qui j’ai cessé d’écrire.
Il y en a un. Parce que vraiment, il le voulait trop et que dans le fond je ne suis pas contrariante.
Il y en a un. Parce que vraiment, j’avais peur de l’effrayer, de l’étouffer et que je suis trop fuyante.
Il y en a un. Parce que de toutes manières, tantôt il les reçoit, tantôt pas, tantôt il oublie. Mais je n’ai pas écris mon dernier mot.
Il y en a une. Parce qu’elle refuse mon existence hors obligation familiale.
Il y en a une. Parce qu’elle souhaitait vivre sa vie et que je ne l’y aidais pas.
Il y en a une. Approximativement pour les mêmes raisons.
Mais pour les autres, ce sont eux.
Donc j’attends.
mardi 12 février 2008
Epistole
"Ecrire des lettres, c'est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route."
Franz Kafka
Extrait d'une Lettre à Milena
Elle se demande d’où lui vient ce besoin étrange de leur écrire.
L’intimité des lettres qu’on échange. Un lien particulier à nul autre pareil.
Lorsque l’âme caresse, se mue, se fond dans les yeux de son lecteur. Ce n’est pas de l’amour.
C’est pire que ça.
Suis l’attente du retour. Le souffle suspendu. Evoluer en apnée, l’existence en suspension.
Pourtant il suffira de voir le nom de l’expéditeur pour que l’air s’engouffre violement, pour que le cœur loupe un battement.
Dévorer chaque mot. La puissance de cette lecture. La vie à l’état brute vibrant dans les entrailles.
Mais souvent, ils ne répondent pas.
A l’attente survient la résignation. La vie qui a perdu ses droits et la plonge dans la petite mort.
Lily saigne de ses plaies là.
Pourtant elle envoie la lettre.